Ouverture du procès Bujakera : CPJ, RSF, Amnesty, FIDH et HRW continuent de demander sa libération immédiate

Stanis Bujakera
Stanis Bujakera

Alors que le procès dans l'affaire Stanis Bujekera s’est ouvert vendredi 13 octobre  devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe réuni en audience foraine à la prison centrale de Makala, les plus grandes ONG de défense des droits de l’homme continuent de plaider pour la libération immédiate de ce directeur de publication adjoint d’Actualité.cd et correspondant de Jeune Afrique et de Reuters. 

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), une ONG américaine qui défend la liberté de la presse, a réagi par communiqué juste après l’audience. Il appelle les autorités à “permettre la libération provisoire” du journaliste et “d’abandonner toutes les poursuites judiciaires à son encontre”.

"Le journaliste Stanis Bujakera n'aurait jamais dû être arrêté ou inculpé, mais le moins que les autorités de la RDC puissent faire est de ne pas s'opposer à sa demande de libération provisoire et d'abandonner toutes les poursuites judiciaires à son encontre", a déclaré Angela Quintal, coordinatrice du programme Afrique du CPJ. 

Même son de cloche du côté de Reporter sans frontière (RSF), son homologue française, qui, sur son compte X, a appelé “à l'abandon des charges et à la libération du journaliste détenu depuis un mois à la prison de Makala".

Pour Jean-Mobert Senga, chercheur à Amnesty International, la “persécution contre Stanis” arrêté le 8 septembre dernier et conduit à la prison de Makala une semaine plus tard, a trop duré. 

"Alors que la première audience du “procès” de la honte contre Stanis Bujakera a eu lieu ce matin à Kinshasa, Amnesty continue à appeler les autorités congolaises à le libérer immédiatement et sans condition. Sa persécution en raison de son travail n’a que trop duré!", a-t-il écrit sur son compte X. 

Réagissant également à la suite de cette première audience, Carine Dikiefu, chercheuse à Human Rights Watch (HWR) voit en ce procès “une intimidation” faite à la presse à deux mois des élections.

"Accusé entre autres de faux en écriture, de propagation de faux bruit, ce procès est une intimidation à l’endroit d’une presse libre à 2 mois des élections. Ces accusations fallacieuses doivent être abandonnées!”, a-t-elle réagi. 

Jean-Claude Katende, président de l’Asadho et vice-président de la FIDH, avait lui qualifié le matin du procès notre confrère de “prisonniers d’opinion du régime”. 

L’arrestation de Stanis Bujakera a provoqué une vague de mobilisation sans précédent au Congo comme à l’étranger. Plus 80 personnalités et organisations, nationales et internationales, ont participé à la campagne #FreeStanis en enregistrant des messages vidéos de soutien qui ont été vus par des millions de personnes à travers le monde.  

Plusieurs chefs d’accusation  sont mis à charge de notre confrère :  « faux en écriture », « falsification des sceaux de l’Etat », « faux et usage de faux », « propagation de faux bruits » et la « transmission de messages erronés et contraires à la loi ». Ses avocats ont à nouveau sollicité sa mise en liberté provisoire, estimant que les conditions de sa détention avaient été violées. Le procureur lui a estimé que Stanis Bujakera risquait de fuir, car il était résident américain. Les juges devraient statuer sur cette demande dans les 48 heures. Ils ont également donné une semaine aux avocats pour préparer la défense. La première audience sur le fond est donc prévue pour le 20 octobre prochain. 

Rappelons que les poursuites judiciaires à l’endroit de Stanis Bujakera font suite à la publication par Jeune Afrique d’un article intitulé : « Mort de Chérubin Okende en RDC : les renseignements militaires ont-ils joué un rôle ? » qu’il n’avait pourtant pas signé. Dans cet article, le média français avait publié un document attribué aux services de l’ANR mettant en cause les renseignements militaires congolais dans cet assassinat.

Japhet Toko