Plusieurs candidats à l'élection présidentielle de décembre 2023 en République démocratique du Congo, dont Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Denis Mukwege, Marie-Josée Ifoku, Seth Kikuni, et Franck Diongo, ont publié une déclaration conjointe mardi 31 octobre, exigeant que la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) réponde à leurs préoccupations concernant la tenue d'élections transparentes. Interrogé sur l'opinion du gouvernement à propos de cette démarche de l'opposition, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, estime que cette position n'est pas surprenante, car l'opposition semble davantage préoccupée par la contestation électorale que par le processus électoral lui-même.
" Rien d'étonnant, car comme je l'ai dit précédemment, j'ai l'impression que l'opposition se prépare davantage à contester les élections qu'à les organiser. Il est essentiel de replacer l'organisation des élections dans un contexte évolutif. En 2006, nous avons organisé nos premières élections pluralistes, et depuis, 17 ans se sont écoulés. Nous sommes sur le point d'atteindre un certain niveau de maturité, mais il est essentiel de se rappeler que l'organisation d'élections dans un pays de la taille du nôtre, avec des problèmes d'infrastructures et près de 100 000 candidats le même jour, est un défi bien connu de ces opposants. Par conséquent, il est illusoire de s'attendre à des élections parfaites à 1000 % compte tenu de leur attitude envers laCENI ", a regretté Patrick Muyaya lors d'un point presse conjoint avec son collègue de l'industrie, Julien Paluku Kahongya, le mardi 31 octobre 2022.
Il a ajouté : " Ils demandent le dialogue, et nous aussi, nous souhaitons un dialogue, mais ce dialogue doit avoir lieu devant le peuple congolais. Ils peuvent s'adresser à la CENI, car la CENI est là pour répondre aux préoccupations de tous les Congolais, y compris des opposants. Ils doivent cesser de s'emporter et de parler de fraude et d'autres difficultés inhérentes à un processus électoral complexe dans notre pays, car ces candidats à la présidence sont censés connaître ces défis."
En ce qui concerne les allégations d'opacité dans le financement des élections, Patrick Muyaya a assuré que le gouvernement est pleinement engagé à garantir la transparence et la crédibilité du processus électoral. "Les inquiétudes concernant le financement et l'opacité dans le financement des élections ne sont pas nouvelles. Toutefois, nous constatons que toutes les étapes clés du processus électoral ont été menées à bien. Nous encourageons nos amis de l'opposition à suivre attentivement ce que nous faisons. Pendant la campagne électorale, les médias devraient leur poser des questions pertinentes sur leurs stratégies en matière d'industrie, de santé, d'éducation, de diplomatie, etc. Vous verrez qu'ils ne pourront donner que des réponses vagues," a souligné Patrick Muyaya.
Il a poursuivi en disant : "Nous faisons ce qui est possible. Ils préfèrent se concentrer sur l'impossible. Je suis curieux de connaître leurs programmes et d'entendre leurs propositions au lieu de s'acharner sur la Commission Électorale Nationale Indépendante, dont certains de ces candidats font partie. En ce qui concerne la sécurité et le financement des élections, c'est un choix que nous avons fait, et nous tiendrons le 20 décembre. Le seul dialogue que nous attendons, c'est celui avec le peuple congolais."
Dans leur déclaration commune, les opposants ont appelé à la publication des listes électorales dans chaque bureau de vote, conformément à la loi électorale. Ils ont également réclamé la publication complète de la cartographie des bureaux de vote et la géolocalisation des machines à voter. Ces candidats ont sollicité la Cour constitutionnelle, la CENI et toutes les institutions publiques pour garantir la transparence, la crédibilité et l'inclusivité du processus électoral.
Ils ont exprimé leur préoccupation quant à la participation des citoyens congolais, notamment dans les zones de Masisi, Rutshuru, Bunagana et Kwamouth, et ont appelé le gouvernement et la CENI à trouver des solutions pour garantir le droit de vote pour tous. Ils ont dénoncé ce qu'ils considèrent comme un manque de transparence dans la conduite des opérations électorales, combiné à l'opacité dans le processus de financement et de gestion des finances de la CENI, caractérisée par une généralisation des marchés de gré à gré.
Les candidats ont demandé une réunion urgente entre la CENI et tous les candidats à la présidence pour parvenir à un consensus essentiel à des élections apaisées. Ils ont également exhorté la population à se préparer à une "veillée électorale" et à former une garde citoyenne devant les bureaux de vote pour observer le dépouillement des votes. Ils ont insisté sur l'importance de l'affichage des procès-verbaux de vote ainsi que des résultats devant chaque bureau de vote et la remise de copies certifiées à tous les témoins.
Clément Muamba