Gouvernement d'union nationale : Envol critique une manœuvre de Félix Tshisekedi visant à renforcer son pouvoir personnel qu'à résoudre la crise

Delly Sesanga
Delly Sesanga

L'Envol, parti politique de l'opposant Delly Sessanga, a rejeté l'idée du président de la République, qui a annoncé la nomination prochaine d'un gouvernement d'union nationale élargi à l'opposition au regard de la crise qui secoue l'est de la RDC.Dans une interview accordée à ACTUALITÉ.CD, le secrétaire général de l'Envol, Rodrigue Ramazani, estime que cette initiative de Félix Tshisekedi vise à renforcer son pouvoir personnel et ne va guère résoudre la crise.

« Par l’annonce d’un gouvernement d’union nationale, Félix Tshisekedi veut faire croire avoir trouvé la pharmacopée idéale pour mettre fin à la crise sécuritaire à l’Est du pays. Mais en réalité, il ne s’agit que d’une manœuvre politique visant à renforcer son pouvoir personnel plutôt qu’à résoudre la crise. Cette approche rappelle celle du maréchal Mobutu qui, face aux menaces contre son régime, multipliait les gouvernements d’union nationale en espérant contenir la crise », a-t-il déclaré.

Rodrigue Ramazani pense que le chef de l'État «fait fausse route ». Pour lui, nommer un gouvernement d'union nationale pendant ce temps, c'est une solution cosmétique qui n'attaque pas les causes profondes de la guerre dans l'est de la RDC. L'envol, dit-il, ne prendra pas part au gouvernement d'union nationale.

« Envol ne participera pas à un gouvernement d’union nationale dont l’unique but est de renforcer le pouvoir d’un homme au détriment de la paix pour nos compatriotes de l’Est. Pour rappel, Envol avait intégré l’Union sacrée avant de s’en retirer, notamment en raison de la mauvaise gestion de la crise sécuritaire, du non-respect de la Constitution et de la gouvernance chaotique du pays », a rappelé M. Ramazani.

Le parti de Sessanga appelle le régime de Tshisekedi à privilégier, par contre, «une véritable solution politique inclusive impliquant les acteurs majeurs de la crise ». D'après ce parti de l'opposition, Félix Tshisekedi est à la base de cette crise en raison des accords conclus «avec le Rwanda, l'Ouganda et ce groupe rebelle» et veut, selon lui,  éviter que sa responsabilité soit établie dans la résurgence du M23.

« Cette initiative d'un gouvernement d’union nationale n’est qu’un écran de fumée destiné à masquer ces compromissions et à détourner l’attention de l'opinion nationale et internationale du véritable problème qui est M. Tshisekedi lui-même », a-t-il conclu.

Lors d'une réunion qu'il a tenue samedi dernier avec les députés, sénateurs et membres du gouvernement, Félix Tshisekedi a exprimé sa déception face au manque d’engagement de certains membres de son camp politique dans la gestion de la crise sécuritaire à l’Est. “Notre quasi silence… Je n’ai pas vu beaucoup de monde monter au créneau pour appeler notre jeunesse à s’enrôler et défendre la patrie. Je suis désolé”, a déclaré Félix Tshisekedi, citant toutefois quelques figures, dont les ministres Jean-Pierre Bemba et Guy Loando, pour leur implication active qui se sont mobilisés notamment pour appeler les jeunes à intégrer l’armée. 

Samyr LUKOMBO