Rejet de transfert de demandeurs d’asile vers le Rwanda : "Un pays non modèle dans le respect des droits de l'homme ne doit pas celui qui reçoit encore des réfugiés"( Patrick Muyaya)

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Patrick Muyaya, Ministre de Communication et Médias

La Cour suprême Britannique a confirmé mercredi 15 novembre 2023 l'illégalité du projet hautement controversé du gouvernement d'expulser vers le Rwanda les demandeurs d'asile arrivés illégalement sur le sol britannique, d'où qu'ils viennent. À en croire l'Agence France Presse (AFP), les cinq hauts magistrats ont à l'unanimité rejeté le recours du ministère de l'Intérieur et confirmé la conclusion de la cour d'appel selon laquelle cette politique est illégale.

Cette décision, a insisté le président de la Cour suprême, Robert Reed, se fonde sur des raisons légales et aucunement politiques. Dans l'immédiat, elle sonne le glas d'une mesure phare de la politique de lutte contre l'immigration illégale du Premier ministre conservateur, Rishi Sunak.

Interrogé sur ce qu'il pense de cette décision du gouvernement britannique, le porte-parole du gouvernement de la République Démocratique du Congo Patrick Muyaya, il s'agit là d'un véritable camouflet pour le régime Kagame surtout que le pays qui n'est pas un modèle dans le respect des droits de l'homme ne doit pas celui qui reçoit encore des réfugiés.

"C'est un véritable camouflet, ce n'est que justice. Comment pensez-vous qu'un pays qui bat tous les records en terme de violation des droits de l'homme puisse être un pays qui accueille les réfugiés ? Il y a en République Démocratique du Congo des Rwandais qu'on dit volontairement ou de manière expressément FDLR parcequ'on ne veut pas récupérer au Rwanda certains Rwandais et donc c'est le prétexte permanent pour faire la guerre. Comment voulez-vous alors commencez la charité par ceux qui doivent prendre des avions, traverser l'Atlantique et arriver chez vous alors qu'a quelques kilomètres vous avez vos propres compatriotes que vous ne voulez pas récupérer chez vous et que vous taxez un peu à l'aveugle des forces génocidaires 29 ans après le génocide", a répondu Patrick Muyaya à une question de la presse lors du briefing tenu mercredi 15 novembre 2023

Patrick Muyaya dit espérer que les différents rapports internationaux incriminant le Rwanda dans l'instabilité de l'Est de la République Démocratique du Congo seront également pris en compte pour sanctionner d'avantage le régime Kagame. Pour lui, cette décision du gouvernement Britannique doit absolument interpeller le Rwanda

"Je pense que là ce n'est que justice et je pense aussi que tous les rapports de Human Right Watch, ou du groupe d'experts des Nations-Unies sur l'Est de la République Démocratique du Congo ne pouvait pas être ignorer parcequ'on sait tous bien qu'au delà de la façade que montre le Rwanda à travers son Président mais nous savons tous que le record en Droits Humains est un record catastrophique. Vous avez suivi récemment la mesure prise par le gouvernement américain parcequ'ils enrolent des enfants au sein du M23 et tous ses travers ne pouvaient pas justifier d'aucune manière, les personnes de bon sens ont été choquées de voir que le Rwanda devrait accueillir les réfugié. C'est un camouflet qui doit les interpeller pour faire un effort en nous imitant en consacrant plus de libérté d'expression, un processus électoral plus ouvert mais toutes ces choses je pense que ça peut servir des leçons au peuple rwandais qui a besoin de s'émanciper, d'avoir une parole libérée", a ajouté Patrick Muyaya

Les rapports sont difficiles depuis plusieurs mois entre Kinshasa et Kigali. En toile de fond, le soutien du Rwanda aux rebelles du M23 a contribué à la détérioration des relations diplomatiques avec la RDC qui avait expulsé l'ambassadeur rwandais Vincent Karega. Les deux pays n’ont toutefois pas rompu les relations diplomatiques.

Des initiatives diplomatiques régionales peinent à donner des résultats escomptés sur terrain. Ces derniers jours, des combats entre les rebelles du M23, les forces d'auto défense "Wazalendo" et les FARDC se sont intensifiés dans les territoires de Masisi et Rutshuru causant une nouvelle fois des déplacés vers Goma.

Clément MUAMBA