Depuis sa prise des fonctions à la tête de l’Institut National pour la Formation Professionnelle en 2022, Godefroy Stanislas TSHIMANGA Wa MUNTUABO s’est donné pour mission de sortir cet établissement d’une phase de délitement progressif pour le conduire vers un véritable renouveau. Deux ans plus tard, les premiers résultats concrets sont déjà visibles tant sur le plan de la gouvernance, de la modernisation des infrastructures que de l’amélioration des conditions de travail des agents.
Primo : nouveau directeur général a dès sa prise des fonctions marqué une rupture avec la gouvernance antérieure. Pour raison : Godefroy Stanislas Tshimanga découvre un paysage institutionnel morcelé avec plus de 500 affectations annuelles sans véritable logique stratégique, d’une part et d’autre part des postes attribués sur des bases politiques plutôt que sur des critères de compétence avec comme corollaire une baisse notable des performances de l’INPP. Contrairement aux habitudes bien ancrées, TSHIMANGA ne procède pas à un chamboulement total. Il préfère étudier les postes, comprendre les réalités de terrain et prendre le pouls de la formation au sein même des centres. Son credo est clair : «Nous ne sommes pas à l’INPP pour faire de la politique, mais pour redresser la politique opérationnelle de l’Institut.»
Très vite, des voix discordantes s’élèvent pour contester son approche. Certains partenaires sont instrumentalisés et font pression sur la tutelle pour freiner sa nouvelle politique de réformes. Mais le DG reste concentré sur l’essentiel : redonner à l’INPP sa vocation première de bras opérationnel du gouvernement pour le développement des compétences et de l’expertise nationale.
Secundo : l’amélioration des conditions de travail : un levier d’efficacité. TSHIMANGA trouve en arrivant des travailleurs « paupérisés », fragilisés par la dépréciation de la monnaie locale. Aussi, un système de prédation, via la sous-traitance, pèse lourdement sur les finances de l’Institut : plus de 70 entreprises sous contrat et pas moins de 500 stagiaires professionnels rémunérés.
Pour rompre avec ces pratiques, le DG mandate une étude sur l’amélioration des conditions de travail, afin de motiver davantage les employés à produire de meilleurs résultats. Sans surprise, les résistances apparaissent. En mars 2023, un accord est conclu avec le syndicat, débouchant sur une augmentation de 45 % de l’enveloppe salariale. Ce geste lui vaut d’être surnommé le « Moïse de l’INPP », tant le soulagement est grand parmi le personnel. Face aux critiques, TSHIMANGA reste ferme : la priorité doit être donnée à une rémunération décente des salariés, même si cela implique de restreindre certains contrats de sous-traitance devenus obsolètes ou trop coûteux.
Terrio : Des projets ambitieux pour moderniser l’Institut voient le jour :
• À Kolwezi, un nouveau centre moderne est en construction grâce à un partenariat sino-congolais.
• À Lubumbashi, en collaboration avec l’ONUDI et le Royaume de Suède, un centre de formation en engins lourds sort de terre.
• À Kinshasa, le Projet KinElenda est enfin lancé et un nouveau centre moderne est en chantier à Maluku.
• Au Sud-Kivu, le projet appuyé par l’AFD à Bagira se clôture malgré quelques difficultés techniques, tandis que deux nouveaux centres vont voir le jour à Kananga et Kikwit grâce à un autre financement de l’Union européenne.
• À Sake, dans le Nord-Kivu, un centre est érigé sur fonds propres de l’Institut.
Ces initiatives témoignent de la volonté de TSHIMANGA de doter chaque province d’un outil performant de formation professionnelle, contribuant ainsi à la lutte contre le chômage et à la promotion d’une main-d’œuvre qualifiée et compétitive.
Quarto : L’ouverture internationale et la reconnaissance. Bien conscient que la qualité de la formation passe aussi par la collaboration et l’échange de bonnes pratiques, TSHIMANGA multiplie les partenariats internationaux et encourage la certification des agents à l’étranger. Les formateurs et cadres de l’Institut participent désormais à des ateliers et séminaires professionnels de haut niveau, favorisant un véritable épanouissement de l’équipe et élargissant son horizon technique et pédagogique.
Cette ouverture se traduit par une plus grande visibilité de l’INPP à l’international :
• Participation en tant qu’évaluateur au World Skills International.
• Présence à l’atelier international de formation professionnelle à Cuba.
• Récompense panafricaine au Ghana en 2024 pour le travail remarquable mené dans la sous-région.
• Invitation du DG lui-même par l’Internationale Socialiste au Sommet sur le Pacte du Futur pour intervenir en tant qu’expert dans le domaine de l’éducation et de la formation professionnelle.
Ces jalons confirment la stature montante de l’INPP sur la scène internationale et confortent la légitimité de TSHIMANGA en tant qu’acteur clé de la modernisation de la formation professionnelle en République Démocratique du Congo.
Quinto : Un leadership sobre et une éthique de travail inébranlable. C’est un fait assez rare pour être souligné : malgré la fonction qu’il occupe, le DG de l’INPP roule dans une simple Toyota Crown et se refuse à toute ostentation. « Nous devons servir la République avec abnégation », aime-t-il rappeler. TSHIMANGA n’hésite pas à prolonger ses journées jusque tard dans la nuit, souvent jusqu’à 1 heure du matin, pour boucler ses dossiers. Ses plus proches collaborateurs témoignent de son endurance et regrettent parfois son excès de rigueur, car il ne réclame pas d’heures supplémentaires.
Dans ce même esprit de transparence, il s’attelle à la rédaction et la création d’un nouveau cadre organique pour l’INPP, avec le concours du conseil d’administration. L’objectif : mettre fin aux pratiques arbitraires et installer durablement une gouvernance saine et professionnelle.
Sixtus : Modernisation du système de délivrance des certificats. TSHIMANGA hérite d’un véritable casse-tête : depuis 2019, des milliers de certificats de fin de formation sont en souffrance à l’INPP, freinant ainsi l’employabilité de nombreux apprenants. Face à ce défi, il innove en mettant en place un système numérique de délivrance des certificats, actuellement en phase de test. Cette dématérialisation du processus de création et de validation des documents de fin de formation est une véritable bouffée d’oxygène pour l’Institut, qui pourra désormais gérer efficacement ses archives et fluidifier les procédures administratives.
En deux ans, Godefroy Stanislas TSHIMANGA Wa MUNTUABO a amorcé un tournant décisif pour l’INPP : réforme de la gouvernance, rationalisation des dépenses, amélioration des conditions de travail, modernisation des équipements et des infrastructures, ouverture à l’international et digitalisation des processus internes.
Malgré les résistances et les pressions, le DG s’est imposé comme un artisan du changement. Son action, portée par une vision claire et un engagement sans faille, fait déjà écho au-delà des frontières nationales, renforçant la réputation de l’INPP comme un pôle d’excellence en matière de formation professionnelle. À ce rythme, l’Institut semble bien parti pour devenir un modèle de référence en Afrique centrale et au-delà.