La coalition LAMUKA, réunie mardi 25 février, a condamné l'attaque qui a visé, dimanche, à Kinshasa, l'un de ses partis : l'ADD Congo de Prince Epenge, porte-parole de Martin Fayulu. Ce qu'elle qualifie de «banditisme urbain». Indexant la force du progrès - un groupe de jeunes de l'UDPS souvent mis en cause dans plusieurs cas de bavures dans la ville -, LAMUKA a invité le procureur de la CPI, en mission à Kinshasa depuis lundi soir, à l'inscrire sur la liste des groupes terroristes.
« Au moment où Lamuka est, d'une part, préoccupée par la crise multidirectionnelle qui sévit actuellement en RDC, et d'autre part, soucieuse de ne ménager aucun effort pour parvenir à la cohésion nationale aux fins d'endiguer la crise politique, sécuritaire, économique et sociale, qui a atteint son paroxysme avec la chute armée de Goma et de Bukavu, c'est en ce moment crucial où l'existence de l'Etat se trouve menacée, que l'UDPS au travers de sa milice "Force du progrès", s'évertue à casser tout élan de cohésion et d'unité nationale, pourtant réclamé par le peuple congolais … Par conséquent, Lamuka invite le Procureur de la Cour pénale internationale en mission de travail en RDC à inscrire les milices politiques de Force du Progrès et de la Brigade spéciale de l'UDPS sur la liste des groupes terroristes coupables de violations graves de droits humains », a déclaré devant la presse Jean-Félix Senga, secrétaire permanent de Lamuka.
Cette coalition de l'opposition dresse un bilan macabre des attaques barbares du dimanche dernier : 24 militants de l'ADD Congo ont grièvement été blessés ; Le président de la Fédération ADD CONGO Mont-Amba, en la personne de M. Ernest Makanisi, porté disparu ; les secrétaires nationaux Atusameso et Fabrice Bontio obligés de vivre en clandestinité à Mombele car traqués par les forces du progrès.
« Plusieurs militants de l'ADD CONGO, arrêtés arbitrairement, torturés, tabassés par la Police agissant en appui et en complicité avec la milice urbaine Force du Progrès ; d'importants dégâts matériels ont été causés, pillages, extorsions et vols des centaines des chaises en plastique, des instruments de sonorisation et autres biens des membres tels que les téléphones, montres et chaussures, etc. ont été observés ;LAMUKA rappelle que ces actes ignobles ne resteront jamais impunis, car ils constituent des crimes, dont l'association des malfaiteurs, et des violations graves des droits de l'homme », déplore LAMUKA, qui dénonce la tentative d'assassinat et les menaces de mort dont Prince Epenge fait l'objet.
Vingt-quatre heures après cette attaque, Martin Fayulu a haussé le ton sur X, condamnant un acte intolérable commis par ceux qu'il a présentés comme une milice criminelle, qui doit être démantelée sans délai.
En août 2024, une quarantaine de membres de ce groupe des jeunes appartenant au parti présidentiel a été arrêtée et jugée en audience foraine par le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, pour déguerpissement immobilier et attaque de la résidence de Joseph Kabila. Après le verdict, six prévenus ont été condamnés à la peine capitale, tandis que les trois quarts ont été acquittés, les infractions n’ayant pas été ostensiblement établies.
En janvier 2023, Augustin Kabuya, secrétaire général de l'UDPS, avait nié l'appartenance de la force du progrès à son parti, arguant qu'eux n'encouragent pas la violence.
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Samyr LUKOMBO