Ronny Jackson n’est pas un envoyé spécial, clarifie l’ambassade des États-Unis

Ronny Jackson et Félix Tshisekedi
Ronny Jackson et Félix Tshisekedi

L’ambassade des États-Unis en République démocratique du Congo a précisé mardi que Ronny Jackson, membre du Congrès américain, n’a jamais été désigné comme "envoyé spécial", contrairement à ce qu’a indiqué la présidence congolaise.

Dans un communiqué publié à Kinshasa, l’ambassade souligne que Ronny Jackson est "un représentant élu du Congrès américain" et qu’il "n’est pas un envoyé spécial, qui est une position nommée par le président et confirmée par le Sénat". Il a effectué sa visite en RDC "en tant que membre de la commission des affaires étrangères de la Chambre des Représentants, ainsi que du sous-comité de l’Afrique". L’ambassade affirme que ni elle, ni le Département d’État, ne l’ont jamais présenté comme envoyé spécial "avant, pendant, ou après sa visite".

Cette clarification intervient après une déclaration de la présidence congolaise présentant M. Jackson comme "envoyé spécial de Donald Trump", à l’issue d’une tournée qu’il a effectuée récemment en Afrique centrale, incluant notamment la RDC, le Rwanda, le Congo-Brazzaville, le Burundi et l’Ouganda.

De retour aux États-Unis, le parlementaire républicain a déclaré devant une commission du Congrès que l’Est de la RDC est devenu, selon lui, une zone "totalement non gouvernée", où les autorités de Kinshasa "n’ont plus les moyens de contrôler la situation".

M. Jackson a accusé plusieurs pays voisins – l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi – d’exploiter les ressources minières de l’Est congolais, affirmant : "Tout le monde le fait, et il n’y a rien pour les arrêter".

Il a également mis en cause la passivité des forces armées congolaises face au groupe armé M23, qu’il décrit comme opérant "sans réelle opposition", allant jusqu’à affirmer que dans certains cas, "les soldats congolais fuient ou rejoignent le M23".

Le parlementaire a évoqué un "problème interne", lié au fait que certains membres du M23 ne seraient pas reconnus comme citoyens congolais. Il appelle à leur inclusion et suggère leur intégration dans l’armée congolaise.

M. Jackson a enfin dénoncé le climat des affaires en RDC, citant le cas d’une entreprise suisse qui, selon lui, aurait reçu une facture fiscale "de 80 milliards de dollars", avant qu’elle ne soit réduite à un milliard après réclamation. Il a pointé du doigt la corruption, l’instabilité judiciaire et l’enrichissement illicite de certains responsables politiques.