RDC: lancement officiel à Kinshasa de deux modes opératoires (MO) des secteurs négligés du système de protection de l’enfant

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Le Bureau international des droits des enfants (IBCR) a lancé, lundi 31 mars, à l’hôtel Sultani à Kinshasa, les modes opératoires (MO) qui sont deux outils permettant de renforcer les pratiques professionnelles des acteurs des secteurs négligés (l’inspection de Travail et la privation de liberté) en protection des droits de l’enfant. Produits dans le cadre du projet « Renforcer le système de protection de l’enfant » ou « Tonga mpo na bolamu ya mwana » et financé par Affaires mondiales Canada (AMC), ces documents permettent de redynamiser les pratiques des acteurs des secteurs négligés du système de protection en RDC.

C’est dans ce sens que IBCR lance un appel à ces acteurs pour s’approprier et utiliser efficacement ces deux modes opératoires que sont : le mode opératoire destiné aux inspecteurs et contrôleurs du travail pour soutenir leur travail de protection des enfants en République Démocratique du Congo et le mode opératoire pour l’accueil de l’enfant à l’intention des acteurs du secteur de la privation de liberté afin de renforcer les pratiques des personnels des établissements de garde et d’éducation de l’Etat (EGEE).

" Chaque MO intègre les normes internationales relatives aux droits de l’enfant et prend en compte les réalités de terrain. Il y est décrit la trajectoire de l’enfant, les pratiques adaptées pour communiquer, évaluer et prendre en compte les besoins de l’enfant, les compétences pour orienter ou référencer l’enfant. L’objectif est de permettre une meilleure uniformisation des pratiques, afin que chaque enfant, qu’il soit en situation de privation de liberté ou exploité économiquement, puisse voir ses droits respectés de manière systématique et sans compromis. Je voudrais donc profiter de cette opportunité pour dire encore merci aux premiers responsables de ces deux secteurs qui n’ont ménagé aucun effort pour accompagner tout le processus de production. Nous savons que la mise en œuvre de ces pratiques promues requiert l'engagement de chacun de nous ", a déclaré Mahamadi Oubda, représentant-pays de l’IBCR en RDC dans son mot de circonstance.

Selon lui, le projet « renforcer le système de protection de l’enfant » ou « Tonga mpo na bolamu ya mwana » vise globalement à contribuer directement au renforcement des compétences de 17050 filles, garçons, femmes et hommes en tant que sujet des droits et acteurs de leurs propres protections en RDC.

Mahamadi Oubda précise que des agents relais des deux modes opératoires ont été formés pour la diffusion de ces modes opératoires sur toute l’étendue du territoire national afin d’atteindre les objectifs du projet qui sont : (i) un  rôle accru des enfants et des associations de la société civile dans la prise de décision et la mise en  œuvre des initiatives pour le respect des droits de l’enfant et de l’égalité entre les filles et les garçons, (ii) une amélioration des pratiques adaptées à l’enfant des secteurs négligés et (iii) une meilleure  coordination entre les acteurs de l’ensemble des secteurs visés. 

"Je tiens à remercier particulièrement toutes les femmes et les hommes qui ont contribué à ces résultats. Leur expertise, leur dévouement et leur volonté de faire progresser la mise en œuvre des droits de l’enfant sont essentiels pour le succès de ce projet. Nous sommes convaincus que des changements probants seront bientôt observés dans la pratique des professionnels bénéficiaires. Le rôle des professionnels de la privation de liberté et de l’inspection du travail est crucial dans la mise en œuvre effective de ces pratiques. Ces professionnels sont membres à part entière du système de protection de l’enfant. Nous sommes convaincus que ce travail, réalisé avec rigueur et engagement, pourra générer des changements significatifs, durables et surtout bénéfiques pour les enfants qui en ont le plus besoin ", a soutenu le représentant pays.

Satisfaction du gouvernement congolais

Pour sa part, Lukombe Nsambi Michel, Directeur de la protection des victimes et de l'assistance judiciaire du ministère de la Justice, a salué le lancement officiel de ces deux modes opératoires en rapport avec la protection des enfants conformément aux missions assignées à son département par le gouvernement congolais.

"Je suis très content parce que je suis responsable des enfants au ministère de la Justice et ma présence ici signifie que nous sommes engagés, nous les acteurs de la protection de l'enfant à travailler pour le bien-être de nos enfants, nous nous occupons des enfants en conflit avec la loi, bien que ces enfants ont commis des manquements, on les a traduit devant le juge, le juge prend des décisions, les décisions prises par le juge sont des mesures purement éducatif et non répressif. Et les enfants que le juge nous envoie nous prenons soin de les rééduquer, instruire, leurs montrer les métiers pour leur avenir et nous assurons aussi leur réinsertion sociale à travers l'apprentissage du métier et surtout la formation active" a indiqué Lukombe Nsambi Michel, Directeur de la protection des victimes et de l'assistance judiciaire du Ministère de la Justice. 

Par ailleurs, Bagula Mugangu Donnat, Secrétaire Général du  Ministère de l'emploi et du travail, a salué l'accompagnement du bureau international des droits des enfants. Il a rassuré qu'en RDC, il existe des textes qui interdisent les travaux des enfants.

"Avec l'appui du bureau et le ministère du travail au travers l'Inspection et le Secrétariat général on travaille avec le bureau international des droits des enfants et les autres parties prenantes pour développer ce mode opératoire qui aujourd'hui, nous sommes ravis que ça soit arrivé à l'échéance et maintenant on va entrer dans le processus de son aboutissement pour qu'ils puissent être appliqués. La loi déjà abolit ça, l'article 3 du Code du travail abolit le travail des enfants dans notre pays, l'adulte, un employeur qui utilise un enfant est en conflit avec la loi" a expliqué Bagula Mugangu Donnat, Secrétaire Général du  Ministère de l'emploi et du travail.

Selon les organisateurs, ce deuxième projet qui s’inspire du premier « Batela mwana » s’inscrit dans la perspective de soutenir le développement des interventions holistiques pour une protection plus accrue et des droits plus respectés des filles et des garçons en RDC notamment ceux et celles en situation de privation de liberté, ou à risque d’exploitation économique et sexuelle.

La plus-value de cette deuxième intervention d’IBCR en RDC consiste à valoriser et mobiliser les secteurs supplémentaires souvent négligés ou peu considérés dans les interactions complémentaire et efficace avec les composantes plus classiques déjà renforcées du système de protection de l’enfant.

À propos de IBCR

Le Bureau international des droits des enfants est une organisation non gouvernementale canadienne agissant pour les droits de l’enfant depuis près de 30 ans, dans près de 50 pays d’Afrique, d’Asie, des Amériques et du Moyen-Orient. IBCR est présent en RDC depuis 2015. Le bureau de par son identité organisationnelle renforcer les systèmes de protection de l’enfant et de justice adaptée à l’enfant. Cela se fait en renforçant de façon sectorielle les professionnel.les qui travaillent auprès des enfants, et des enfants eux-mêmes. Et pour éviter le travail en solo, un renforcement de la collaboration entre acteurs est aussi mis en œuvre. 

IBCR s’engage pour « un monde dans lequel les droits de l’enfant sont une réalité ».

Cet engagement part du constat que les droits des enfants prescrits par la convention relative aux droits de l’enfant ne sont pas encore pleinement réalisés pour tous les enfants, en toute égalité et en toute circonstance. Son engagement  se concentre sur les enfants qui font face à plus d’obstacles, en « transformant leur place dans nos sociétés et en renforçant les systèmes de protection de l’enfant et de justice ».

Clément MUAMBA