Alors que les autorités congolaises se sont tues face aux tueries de 220 civils le 16 juillet dernier au village Kipupu (territoire de Mwenga) au Sud-Kivu par des miliciens, c’est le Prix Nobel de la Paix, Denis Mukwege qui sort de son silence.
« Ce sont les mêmes qui continuent à nous tuer. Les comptes macabres de Kipupu sont dans la ligne droite des massacres qui frappent la RDC depuis 1996 », a-t-il écrit sur twitter sans donner un quelconque bilan.
D’après plusieurs sources, cette attaque était l’oeuvre d’une coalition des milices Ngumino, Twirwaneho et Red Tabara. L’attaque sanglante avait eu lieu la nuit et plusieurs personnes n’avaient pas pu s’échapper. Des centaines de maisons étaient incendiées alors que plusieurs autres villageois étaient portés disparus.
Denis Mukwege a toujours soutenu la nécessité de déterrer le rapport mapping élaboré par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme. Ce rapport revient sur les violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire commises sur le territoire de la République démocratique du Congo (RDC) entre mars 1993 et juin 2003. Ce document avait alors dressé un inventaire de 617 crimes de guerre et crimes d'humanité. Si ces crimes sont portés devant une juridiction compétente, certaines des atrocités documentées dans le rapport Mapping pourraient être constitutives du crime de génocide.