Stanis Bujakera était une nouvelle fois devant le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, réuni en audience foraine à la prison de Makala. Cette deuxième audience a marqué le début de l'examen du fond de l'affaire. Le journaliste est accusé de plusieurs délits, dont le « faux en écriture », la « falsification des sceaux de l'État », et la « propagation de fausses informations ». Les origines de ces accusations remontent à la publication d'un article de Jeune Afrique concernant une note attribuée à l'Agence Nationale de Renseignements, qui portait sur les circonstances présumées de la mort de l'ancien ministre des transports et porte-parole du parti de l'opposant Moïse Katumbi, Cherubin Okende, retrouvé mort dans sa voiture.
Les accusations sont graves. Le ministère public allègue que la note attribuée à l’ANR est un faux. Il va plus loin et accuse le journaliste d’être l’auteur de ce document et d’avoir fabriqué et utilisé un faux sceau pour faire croire que cette note viendrait de l’ANR. Le ministère public ajoute que Stanis Bujakera et Jeune Afrique auraient empoché des millions de dollars conséquemment à la fabrication alléguée de ce document. Toujours selon l’accusation, la signature sur le document est également un faux. Elle serait une imitation faite par le journaliste.
De leur côté, les avocats de Stanis Bujakera ont exigé la production du véritable sceau de l’ANR ainsi que du sceau qui aurait été contrefait. Ils ont également demandé la comparution personnelle de l’auteur du spécimen de la signature qui a été présenté par le ministère public. En outre, ils ont sollicité des preuves de ces allégations et ont demandé une contre-expertise pour prouver que leur client n’a pas fabriqué le document en question.
Le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 3 novembre pour la suite de l’instruction, et éventuellement pour la plaidoirie.